Aléatoirement attendu

Nous rencontrons aujourd’hui, grâce aux écrans tactiles, de nouvelles formes d’accès à l’information, ainsi qu’une mutation de nos habitudes d’interaction. Leurs nouvelles propriétés créent/réinventent de nouveaux usages, comme celui de la lecture.
L’EPUB est un format pour les livres numériques. Celui-ci à été conçu pour faciliter la mise en page de livres sur tablettes, liseuses et smartphones.
Sur tablette, ce format est lisible par l’intermédiaire d’applications, dont la plus populaire est iBook d’Apple.
iBook utilise l’image d’un livre très réaliste pour lire un format EPUB.
On retrouve ainsi notre EPUB avec sa couverture bien rangé dans une bibliothèque. Et lorsqu’on décide d’ouvrir notre document celui prend la forme d’un livre avec des pages, du texte, des illustrations…

Cette aspect directement analogique, métaphorique, est une dimension qui me dérange. La métaphore restreint l’interface à une dimension d’objet. Dans ce cas là, c’est un livre et nous ne pouvons attendre de cette expérience interactive que celle nous rencontrons face à un livre « physique ».

Les métaphores ne sont pas extensibles. Une métaphore qui fonctionne bien pour un processus simple dans un programme simple échouera souvent si le processus grandit en taille et en complexité.
Les icônes de dossiers étaient une bonne idée quand les ordinateurs avaient des disquettes souples ou des disques durs de 10 Mo. À l’heure où la capacité des disques durs se compte en Giga-octet et où les dossiers se comptent par milliers, l’usage d’icônes peut parfois ressembler à un joli désastre.¬ Allan Cooper « The myth of metaphore », publié sur http://www.cooper.com/articles/art_myth_of_ metaphor.htm, 1995, traduit par Marc Wathieu pour « vers l’interface graphique (gui : graphical user interface) », http://www.multimedialab.be, 2007

Cependant, je prends bien conscience que cette aspect métaphorique nous permet aussi de comprendre et d’apprendre les modalités d’interaction de l’interface.

Quand les utilisateurs disent d’une interface qu’elle est intuitive, ils veulent dire que celle-ci opère comme d’autres logiciels ou d’autres méthodes avec lesquelles ils sont familiers.
¬ Jef Raskin, The Human Interface: New Directions for Designing Interactive Systems , Addison Wesley, 2000
Ce questionnement sur la représentation du livre numérique m’ont donné envie de jouer entre l’image du livre « réel » et l’image que l’ont souhaite donner du livre numérique.

Les techniques numériques nous renvoient en continu de l’information variable, ce qui en fait quelque chose d’ouvert. Tandis que le livre est un objet dont la construction est finie, statique et inaltérable.
Et c’est ce à quoi l’EPUB, façon Apple, tend à nous faire croire, dans un sens.
Donc si un livre est numérique, pourquoi le rendre statique comme un livre « réel » ? pourquoi ne pas le rendre variable et aléatoire?

Dans tout langage de programmation on peut retrouver la fonction aléatoire qui renvoie un chiffre décimal entre 0 et 1.


À travers ce projet je souhaite injecter à l’EPUB une dimension « purement » numérique en remplaçant les propriétés « statiques » du livre par des données variables.
Je projette de créer un livre où, par exemple, ses dimensions changent à chaque ouverture, où la police de caractère n’est jamais la même…
Pour le moment mes recherches se restreignent à expérimenter les possibilités techniques.


aléatoire
Du latin aleatorius de alea.
aléatoire /a.le.a.twaʁ/ masculin et féminin identiques
Qui se produit par hasard.
Un phénomène aléatoire.
(Par extension) Qui est soumis aux aléas.
La navigation sur la côte Est du Groenland est considérée à juste titre comme une des plus protéiformes et aléatoires ; […]. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
(Droit) Qualifie un contrat dont les effets dépendent d’un événement incertain.
Les assurances, les prêts à la grosse aventure sont des contrats aléatoires.
Un pêcheur qui vend d’avance son coup de filet fait une vente aléatoire.
fr.wiktionary.org/wiki/al%C3%A9atoire

aléa
Rattaché de façon peu convaincante [1] par Curtius à os. Du grec ancien ἀλεός, aleós [2], variante dorienne de ἠλεός, êleós (« inconscient, égaré »), apparenté à amb-ulo.
alea /Prononciation ?/ féminin
Dé, jeu de dés, jeu de hasard.
aleā (aleam) ludere : jouer aux dés.
Sort, risque, chance.
Caesar: … « Iacta alea est », inquit. César a dit : le sort en est jeté — (Suétone, Vita divi Iuli, chapitre 33)
fr.wiktionary.org/wiki/alea#la